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COMMENT LIER UNE PAROI MaçONNEE ET UNE OSSATURE EN BOIS?

UNE MEMBRANE D’INTERFACE DOIT ETRE APPLIQUEE DANS LES REGLES DE L’ART

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La liaison entre le maçonnage et la construction bois est une zone sensible, en ce qui concerne les remontées d’humi­dité, la diffusion de vapeur d’eau, l’isolation thermique, l’étanchéité à l’air et le transfert des efforts mécaniques

Lorsqu’on projette d’étendre un bâtiment existant par une construction en bois, il convient de veiller tout par­ticulièrement à la liaison entre la paroi maçonnée et l’ossature de l’extension. Il peut, en effet, s’agir d’une zone sensible, notamment en ce qui concerne les remontées d’humidité, la diffusion de vapeur d’eau, l’isolation thermique, l’étanchéité à l’air et le transfert des efforts mécaniques. Quelques règles de mise en œuvre, telles qu’un recouvrement suffisant de la membrane placée à l’interface des murs ou la pose d’une isolation complé­mentaire, permettront de garantir une jonction durable et étanche.

Ir. Evelyne Nguyen, ir. Benoît Michaux & ir. Audrey Skowron - 10 avril 2020

MembraNE D’INTERFACE

Une membrane doit être positionnée à l’interface entre la paroi maçonnée et la paroi à ossature en bois, afin de garantir la liaison entre la membrane ou le pan­neau intérieur assurant l’étanchéité à l’air et à la vapeur d’eau et le pare-pluie extérieur (voir figure à la page suivante).

Celle-ci doit présenter des caractéris­tiques et des performances similaires à celles exigées pour une membrane anti­capillaire, principalement en matière d’étanchéité et de durabilité. Un traitement initial, tel qu’un cimen­tage de la paroi existante, peut toutefois s’avérer nécessaire pour garantir une meilleure adhérence de la membrane d’interface sur cette paroi. Cette membrane est collée ou fixée mécani­quement à l’aide des lattes du bardage en bois de l’extension.

Même si la construction existante dis­pose d’une membrane anticapillaire, il est indispensable de relever verticale­ment celle de la nouvelle construction sur la membrane d’interface. En effet, un chevauchement horizontal entre les deux membranes anticapillaires ne peut pas être réalisé. Il convient de garantir la continuité entre la membrane antica­pillaire et la membrane d’interface par un chevauchement de plus de 10 cm.

Liaison du cote interieur

Du côté intérieur, la liaison entre la membrane d’interface et la membrane d’étanchéité à l’air et à la vapeur d’eau est assurée par un recouvrement d’au moins 10 cm, mais elle nécessite éga­lement l’application d’un adhésif ou d’un mastic de couplage compatible avec les deux membranes. Un lattage complémentaire garantira durable­ment la continuité de l’étanchéité de la membrane. Au niveau des angles, la continuité sera réalisée par pliages, au moyen d’angles préformés ou de tout autre adhésif compatible.

Liaison du cote exterieur

Du côté extérieur, le retour de la membrane d’interface se fait sous le pare-pluie en réalisant un chevauche­ment d’environ 10 cm. Un lattage ou un panneautage permet de maintenir ce chevauchement.

Liaison avec le toit

La membrane d’interface doit sans aucun doute être conti­nue jusqu’au niveau de la toiture et permettre un recouvrement de 10 cm minimum avec le retour de membrane de toiture. Dans le cas d’une paroi en aplomb de l’extension à ossature en bois, il convient d’éviter toute humidifi­cation de l’extension par migration dans la brique. La paroi en aplomb doit être rendue étanche grâce à un bardage isolé ou à un revêtement extérieur étanchéifié.

liaison

isolaNT D’INTERFACE

Le mur existant étant considéré comme froid, il y a lieu de prévoir un isolant d’interface entre ce mur et l’extension, lequel est néanmoins susceptible d’amener de la condensation du côté intérieur du bâtiment ou à l’interface entre les deux murs.

Pour être capable de garantir la durabilité de l’isolant, ce dernier ne peut pas être sensible à l’humidité, et ce sur une largeur d’au moins 10 cm. Il en est de même pour le bardage et tout montant en bois devant disposer d’une dura­bilité naturelle de classe 1 ou 2 ou conférée par traitement de préservation.

EVITER LA CREATION D’un PONT THERMIQUE

Pour éviter la création d’un pont ther­mique et l’apparition de condensation au niveau du mur froid, une isolation complémentaire est nécessaire. La solution idéale consiste à placer une isolation extérieure couvrant la nouvelle construc­tion et le mur existant. Cette solution n’est cependant pas toujours envisa­geable. Une alternative consiste alors à réaliser un retour d’isolation intérieure le long de la paroi existante, et ce sur une longueur d’un mètre (épaisseur de la paroi en ossature incluse). Dans ce cas, des dispositions de préservation contre les remontées d’humidité spécifiées doivent être appliquées à la zone isolée.

EFFORTS MECANIQUES

Du point de vue mécanique, il convient de considérer les efforts dans les trois directions:

  • Les efforts verticaux ne sont repris que par la fondation de la nouvelle construction et non par la paroi existante. Il sera donc nécessaire de réaliser les fixations à l’aide de boutonnières ou de glissières pour com­penser les éventuels tassements.
  • Les efforts horizontaux perpendicu­laires à la paroi nécessitent la fixation mécanique de l’ossature en bois à la paroi existante. Pour ce faire, il convient sans aucun doute d’utiliser des fixations com­patibles avec le matériau composant le mur porteur existant (goujons d’an­crage, vis avec cheville en nylon, tiges filetées avec scellement chimique, …). Ces fixations seront espacées de 50 cm avec une profondeur d’ancrage dans la paroi existante représentant au moins huit fois le diamètre de la fixation. La traversée du mur porteur pourra toujours être requise. L’ancrage simple de l’exten­sion au travers d’une membrane bitu­mineuse ou EPDM ne diminuera pas l’étanchéité de celle-ci.
  • Les efforts horizontaux dans le plan de la paroi (principalement les efforts de contreventement ou sismiques) nécessitent soit un contreventement interne de la paroi au moyen de pan­neaux ou de tout autre disposi­tif (croix de Saint-André, …), soit des liaisons métalliques dans la paroi existante. Celles-ci devront alors être dimensionnées pour reprendre les charges horizontales. Il conviendra également de s’assu­rer que la construction existante est certainement capable de reprendre ces charges spé­cifiques. En revanche, il y a lieu de contreventer toutes les parois de l’ossature en bois qui ne sont pas liaisonnées à la paroi existante.

Source: dossier CSTC 2018/3.15 ‘Liaison d’une paroi maçonnée et d’une ossature en bois’

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