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‌construire intelligemment, c’est crEer une plus-value

‌La relation entre installateur et consommateur change par la digitalisation

digital

Personne n’y échappe encore: la digitalisation pénètre dans toutes les facettes de notre société. En tant qu’installateur, vous ne pouvez pas non plus être en reste. Mais il est parfois difficile de distinguer l’orée du bois. Que signifient les termes de ‘smart building’? Et quels outils digitaux sont pertinents pour un installateur? Un état des lieux.

Florus Tack - 2 juin 2020

Developpement rapide

Le développement des applications digitales dans le monde de la construction est ultra rapide. Dans le secteur de l’installation, ils sont de plus en plus monnaie courante. Le Centre Scientifique et Technique pour la Construction (CSTC) constate que les ‘solutions smart’ apparaissent de plus en plus dans le secteur et reçoivent aussi de nombreuses questions. Plus à ce sujet plus tard.

Il est important avant tout de clarifier les différents termes utilisés aujourd’hui. C’est ainsi que le ‘smart building’ omniprésent peut être interprété de différentes manières. En premier lieu vous pouvez le considérer comme un concept de bâtiment intelligent: le bâtiment est-il agencé de façon logique et accessible à tous? Par ailleurs, vous pouvez aussi examiner le concept sous l’angle technologique.

La question centrale est la suivante: comment le bâtiment peut-il être davantage qu’une enveloppe et offrir une plus-value à l’utilisateur, au gestionnaire de bâtiments, au technicien …? Cette plus-value peut être énergétique ou concerner le confort – ce dernier aspect sera toujours privilégié par l’utilisateur. Mais on peut aussi créer une plus-value en termes d’entretien, de sécurité et de ‘user experience’.

Building smart

Mais renversez le terme ‘smart building’ et vous obtenez encore une troisième signification, à savoir: laisser se dérouler le processus de construction le plus efficacement possible – et donc intelligemment. Les développements se manifestent surtout dans et autour du récit BIM (Building Information Model), avec en premier lieu une construction la plus virtuelle possible avant de poser la première pierre ou de raccorder la première conduite. Les applications telles que les lunettes de réalité virtuelle ou de réalité augmentée peuvent signifier beaucoup pour le processus de construction.

Celui qui circule sur le chantier avec de telles lunettes peut d’emblée demander des informations à un collègue au bureau qui en sait plus sur un problème spécifique et suivre en direct. 

Le concept Internet of Things va encore plus loin que le smart building et comprend tous les appareils pouvant être reliés à l’internet et pouvant communiquer ensemble. 

Intelligence artificielle

Et il y a encore l’intelligence artificielle. En termes simples, ce terme signifie que le logiciel peut tirer des conclusions ‘intelligentes’ de façon automatique sur base des données dans le système. Nous n’en sommes encore qu’aux débuts de cette technologie dans la pratique mais à l’avenir des applications très utiles émergeront. Songez à l’entretien prédictif poussé, ou au réglage automatique des systèmes HVAC.  

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Des applications telles que les lunettes VR ou AR peuvent signifier beaucoup pour le processus de construction

Quelles sont les possibilites? 

Commençons par l’approche technologique du smart building, appliquée à une installation HVAC. Avec des applications digitales, l’installateur peut surveiller ses installations à distance. Il existe des capteurs pour mesurer la température, surveiller l’humidité relative, mesurer le taux de CO₂, contrôler la fermeture des vannes ...

En les connectant – les rendre accessibles à distance –, il peut parfaitement suivre à distance que tout fonctionne correctement, quand un entretien est nécessaire, et il peut même solutionner certains aspects à distance.

La relation client-installateur change

Cette méthode de travail change en partie la relation avec le client: l’installateur ne doit pas attendre que le client communique un problème – et que des dégâts irrévocables se sont peut-être produits dans l’installation. Non: l’installateur peut indiquer lui-même qu’un entretien est nécessaire. Lorsque l’état de l’installation est conservé de façon digitale, ces données apportent la preuve que l’entretien est nécessaire.

Cela peut aider à créer une meilleure relation de confiance avec le client à long terme, ce qui ne sera que de plus en plus important en raison de la transition énergétique et d’un modèle de revenus changeant (voir plus loin).

Entretien prédictif

L’analyse des données collectées des installations permet en outre à l’installateur de mieux prévoir la nécessité d’un entretien. L’important est d’effectuer une sélection pertinente des données.

Dans la plupart de cas, cela n’a pas de sens de collecter toutes sortes de données si cela n’entraîne aucune action utile. De plus, on doit toujours se soucier de la vie privée du client. Car la digitalisation suscite de nouvelles ‘questions éthiques’ (voir encadré).

Encore beaucoup de questions

Il reste encore bien des obstacles à surmonter. Une remarque très entendue est par exemple celle-ci: qui est responsable des problèmes causés par les applications digitales? L’installateur moderne doit-il aussi devenir en partie un spécialise de l’IT capable de bricoler au logiciel? Ou la responsabilité complète incombe-t-elle au fabricant? Pour le fabricant, cette problématique recèle bel et bien une opportunité pour débarrasser à son tour son client, l’installateur, de ses tracas.

Mais d’autres questions existent encore. Quid de la vie privée du client? Pouvez-vous capter comme cela toutes sortes de données? Quid de l’entretien de ces capteurs eux-mêmes? La durée de vie de la technologie est-elle calquée sur la durée de vie du bâtiment?

Ce qui est sûr, c’est que la digitalisation et la construction intelligente traitent surtout de la plus-value pour l’utilisateur. Quiconque mise à fond là-dessus est paré pour l’avenir.

Simplifier le job proprement dit

Il ne faut pas toujours allez aussi loin que les capteurs connectés et l’intelligence artificielle. Il existe déjà de nombreuses applications digitales qui peuvent nettement simplifier le job de l‘installateur.

Bon nombre d’entre elles sont déjà fréquemment utilisées par un grand groupe d’installateurs: songez aux télémètres laser qui peuvent être accouplés à une appli mobile.

De cette manière, vous pouvez vite établir un plan digital modeste du projet, estimer les volumes et les surfaces ... Une étape plus loin concerne par exemple les drones pour inspecter l’écoulement de l’eau de pluie sur les toits et les gouttières.

Réflexion consciente

”Le plus important est que les installateurs réfléchissent de façon consciente à l’impact de la digitalisation sur leur métier”, affirme Ruben Delvaeye du CSTC. “Il est évident que chaque installateur ne doit pas utiliser ou installer les gadgets les plus hautement technologiques.

Il est bel et bien important qu’ils s’informent bien et effectuent de petits pas là où cela est possible. De plus, ils ne doivent pas le faire tout seul: Des partenariats durables avec des entreprises qui y sont spécifiquement destinées peuvent être très utiles. Mais celui qui ne suit pas la vague de digitalisation actuelle perdra la compétition à long terme, cela ne fait aucun doute.”

En savoir plus?

Le Cluster Smart Buildings In Use du CSTC réunit entrepreneurs, gestionnaires de bâtiment, fabricants et intégrateurs de nouvelles technologies. Les entreprises sont aidées dans l’implémentation de ces innovations dans leur fonctionnement quotidien. 

Vous trouvez plus d’informations ici

Les professionnels de la construction qui sont actifs dans la Région de Bruxelles-Capitale et qui misent sur les techniques de construction nouvelles et innovantes peuvent s’adresser à C-Tech, une prestation de services technologiques professionnels que le CSTC peut proposer avec l’aide d’Innoviris.

Qu’est-ce qui est pertinent? 

La plupart des questions adressées au CSTC sont dès lors des questions visant à séparer le bon grain de l’ivraie: quels outils digitaux sont précisément utiles et lesquels sont plutôt des ‘gadgets’? Beaucoup dépend de la situation, bien entendu.

Mais il est certain que les technologies permettant de procéder à un entretien prédictif seront de plus en plus importantes, tout comme les technologies visant à économiser l’énergie et l’eau.

Solutions sanitaires intelligentes

En raison des changements climatiques, il est de plus en plus important d‘économiser sur l’eau. Ces derniers étés, nous avons déjà connu des problèmes causés par la sécheresse et cela promet de ne pas s’améliorer de sitôt. Des applications intelligentes peuvent donc aider à réduire la consommation d’eau. Ici aussi il semble à nouveau que la technologie n’est pas le but en soit du ‘smart building’, mais bel et bien le résultat, à savoir les économies.

Surveiller la consommation

Un exemple est la surveillance de la consommation d’eau. La science a montré que si les individus deviennent conscients de leur consommation, par exemple via une application mobile, ils consomment moins automatiquement. Si la facture d’énergie de, par exemple, un immeuble à appartements- est soudain établie par appartement, sur base de la consommation réelle de cet appartement, au lieu de répartir la facture totale de tout le bâtiment sur le nombre d’appartements, la consommation par appartement baisse en moyenne de quelque 30 pour cent.

Cet effet sera sans aucun doute comparable pour la consommation d’eau. De plus, des applis mobiles permettent à l’installateur de détecter des fuites en surveillant la consommation. A plus grande échelle, il existe des systèmes de détection qui coupent automatiquement la conduite quand une perte est détectée.

Urinoirs intelligents

Par ailleurs, il existe aussi des solutions sanitaires intelligentes pour économiser l’eau. Ainsi il existe des urinoirs intelligents qui mesurent constamment la teneur en sel et rincent uniquement quand c’est vraiment nécessaire. L’entretien périodique peut être associé à cette technologie: si le gestionnaire du bâtiment voit qu’une toilette ne se rince plus bien, il peut faire venir un installateur.

Une autre manière de prévoir l’entretien consiste à le faire via l’éclairage dans les toilettes. Lorsque la lumière dans une toilette précise est par exemple allumée bien plus souvent que dans d’autres toilettes, il est probable qu’elle nécessitera plus vite un entretien. 

Légionelle

Un problème très spécifique pour lequel les applications digitales peuvent avoir une grande signification, c’est la légionelle. Des systèmes de rinçage intégrés peuvent renouveler automatiquement l’eau froide dans une conduite lorsque la température excède les 25 °C.

Il ne semble pas que la température baissera dans notre pays, donc quiconque maîtrise les technologies intelligentes pour combattre la légionelle a une longueur d’avance.

En outre, la législation dans nos pays voisins est de plus en plus stricte, ce qui peut faire en sorte que les installateurs belges subissent la concurrence d’entreprises frontalières.

Nouvelle construction versus rénovation

Il est important pour l’installateur de garder à l’esprit qu’il y a aussi une différence entre nouvelle construction et rénovation pour l’application des outils digitaux. Un fabricant d’une solution d’eau intelligente n’y vend pas une installation d’évacuation en complément.

Si l’installation ‘stupide’ n’est pas adaptée à l’installation intelligente, cela peut créer des problèmes. Il s’agit donc de garder toujours une vue globale.

C’est évidemment nettement plus facile dans une nouvelle construction que dans une rénovation. Des solutions sans fil peuvent certainement résoudre une partie des problèmes, parce qu’elles peuvent être implémentées plus facilement: en effet, il ne faut pas pratiquer des saignées ou tirer des câbles.

Le Modele de revenus du futur? 

Toutes ces nouvelles technologies montrent encore autre chose, à savoir que le modèle de revenus change peu à peu. Alors qu’avant on vendait surtout le produit, dorénavant l’accent est mis de plus en plus sur le service afférent. En résumant à l’extrême, le client ne paie pas pour son installation en réalité mais bel et bien pour son bon fonctionnement garanti. Un tel modèle de revenus peut profondément changer la relation entre l’installateur et le client à terme.

Des applications intelligentes permettent à l’installateur de devenir un prestataire de services, par exemple par le suivi à distance. digitalfr

Remerciements à: CSTC, Atag, Buderus, Remeha et Wilo

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