Les émissions de gaz à effet de serre des bâtiments doivent être réduites de manière drastique

Pour respecter leurs engagements dans le cadre de l'accord de Paris sur le climat, les législateurs européens doivent réduire à un niveau proche de zéro les émissions de gaz à effet de serre provenant des 250 millions de bâtiments existants et des nouvelles constructions de l'UE. C'est ce que réclament les scientifiques désignés par les académies scientifiques nationales de l'EASAC dans un nouveau rapport intitulé "Decarbonisation of buildings : for climate, health and jobs".
Actuellement, 1 à 1,5 % du parc immobilier européen est en cours de rénovation. Pour atteindre les objectifs de l'accord de Paris sur le climat, il faudrait doubler, voire tripler, ce pourcentage. Actuellement, environ 75 % des logements européens ont une mauvaise performance énergétique. Pour rénover ces logements, il faudrait 146 millions de rénovations en seulement 30 ans, soit plus de 90.000 rénovations par semaine. Cependant, les efforts actuels des États membres ne sont pas suffisants.
Jusqu'à présent, la politique de l'UE s'est concentrée sur le concept de "bâtiments à énergie quasi nulle", mais selon l'EASAC, ce concept est dépassé : "Les émissions cumulées de gaz à effet de serre devraient être l'indicateur permettant d'évaluer l'impact climatique d'un nouveau bâtiment ou d'une rénovation. Cela comprend les émissions stockées causées par les travaux de construction et les émissions d'exploitation causées par le bâtiment dans les années qui suivent la construction/rénovation.
Le rapport souligne que la plupart des environnements bâtis sont encore conçus selon la méthode de production linéaire : prendre, fabriquer, utiliser et jeter. Mais la politique européenne doit placer la rénovation des bâtiments existants au cœur du processus. Il est important d'examiner à chaque fois si les bâtiments peuvent être rénovés au lieu d'être remplacés par de nouvelles constructions. Le rapport indique également que la législation devrait inclure la quantité maximale deCO2 captée par m² de surface au sol pendant la construction ou la rénovation.