Socio-economique

Le secteur belge de la construction amorce une reprise prudente après des années difficiles

Après une période prolongée de recul et de stagnation, le secteur belge de la construction a montré en 2025 les premiers signes d’une reprise prudente. Si la situation demeure fragile, les perspectives à moyen terme indiquent une amélioration progressive mais limitée de l’activité.

Une production à nouveau légèrement orientée à la hausse

Au cours des onze premiers mois de 2025, le volume total de la production dans la construction a augmenté de 0,45 % par rapport à la même période en 2024. Il s’agit d’un signal encourageant, suggérant que le point bas du cycle pourrait avoir été atteint. La production de bâtiments a toutefois encore enregistré un léger recul de 0,91 %, bien moindre que les baisses observées les années précédentes, ce qui témoigne d’une stabilisation progressive du segment.

Selon Alissa Lefebre, économiste au service d’études d’ING Belgique et auteure de l’analyse, cette évolution positive s’explique notamment par la reprise du marché du logement existant et par plusieurs mesures de soutien public, telles que l’ancrage définitif du taux de TVA réduit à 6 % pour la démolition et la reconstruction, la diminution des droits d’enregistrement et l’assouplissement des obligations de rénovation. Ces facteurs ont également contribué à une augmentation du nombre de crédits hypothécaires, y compris pour des projets de construction.

Climat entrepreneurial sous pression

Malgré ces signaux encourageants, le climat de confiance des entrepreneurs du secteur reste fragile. En 2025, l’indicateur de confiance est demeuré nettement inférieur à sa moyenne de long terme. Après une légère amélioration en fin d’année, il s’est à nouveau détérioré au début de 2026.

Parallèlement, le nombre de faillissements dans la construction a atteint un niveau record en 2025. Les petites entreprises ont été les plus touchées, tout comme les sociétés jeunes : près de trois quarts des entreprises de construction ayant fait faillite étaient actives depuis moins de dix ans. Le nombre de nouvelles entreprises diminue également, tandis que la croissance du parc d’entreprises actives ralentit depuis plusieurs années — une évolution préoccupante au regard des besoins croissants en logements et en rénovations énergétiques.

uitgereikte bouwvergunningen
Source : Statbel

Permis de bâtir et demande de logements neufs

Un autre frein structurel important concerne le nombre de permis de bâtir pour logements neufs, en baisse depuis plusieurs années et toujours à des niveaux historiquement bas. Si l’année 2025 semble marquer un point de stabilisation, une reprise rapide reste peu probable, notamment en raison de la hausse récente des taux hypothécaires et de la complexité, lenteur et cherté des procédures d’octroi des permis.

La faiblesse persistante de la demande de logements neufs s’explique également par la dégradation de l’accessibilité financière, sous l’effet combiné des taux d’intérêt élevés et des coûts de construction. Bien que les prix des matériaux se soient stabilisés, ils demeurent sensiblement supérieurs à leur niveau d’avant-crise. En outre, de nouvelles mesures européennes en matière de climat et de commerce — telles que le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) et des droits d’importation plus stricts sur l’acier — risquent d’exercer une pression supplémentaire sur les coûts.

La chute marquée des permis pour les appartements est particulièrement préoccupante. Ce segment est pourtant essentiel pour répondre à la demande croissante de logements abordables et adaptés à des ménages plus petits, ce qui accentue le déséquilibre entre l’offre et la demande.

Perspectives 2026–2027 : une amélioration graduelle

ING prévoit pour l’ensemble du secteur de la construction une croissance modérée d’environ 0,7 % en 2026 et 0,8 % en 2027. La production de bâtiments devrait se redresser plus lentement, avec une hausse estimée à 0,2 % en 2026, suivie de 0,5 % en 2027.

Si ces perspectives placent le secteur sur une tendance prudemment positive, la reprise reste fragile. Les défis structurels tels que la faible confiance des entreprises, les niveaux de licence historiquement bas, la faible demande de nouvelles constructions et les risques de coûts dus aux mesures européennes en matière de commerce et de climat pèsent lourdement.

Conclusion

Après plusieurs années difficiles, le secteur belge de la construction a renoué en 2025 avec une dynamique légèrement positive. La production et la valeur ajoutée repartent à la hausse, tandis que la baisse des permis de bâtir semble s’atténuer. Toutefois, le redressement reste fragile. La demande de logements neufs demeure limitée, les permis restent historiquement faibles — en particulier pour les appartements — et les pressions sur les coûts persistent. Le secteur entame une lente sortie de crise, mais des défis structurels importants continuent de peser sur ses perspectives.

Source : ING

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