Sigma entame 2021 avec optimisme lors d'une grande fête virtuelle
Comme le veut la coutume, Sigma, la fédération des importateurs de machines pour le bâtiment et la manutention, a organisé sa réception annuelle du Nouvel An le 25 janvier. Cette édition était toutefois différente des années précédentes. Merci, le coronavirus. Mais le président de Sigma, Dries Van Haut, se veut malgré tout optimiste. "Adopt, adapt, improve. Nous nous adaptons à la situation et allons de l'avant."
bons vœux virtuels
En accueillant chaque participant à la "première et, espérons-le, la dernière réception virtuelle du Nouvel An", Dries Van Haut a ouvert les débats.
"Quelle année ... et ce n'est pas encore fini. Quoi qu'il en soit, nous nous adaptons à la situation et nous allons de l'avant." "Éviter autant que possible les contacts personnels reste la marche à suivre. Dans un secteur où l'on vend principalement des biens d'investissement, la tâche est loin d'être facile. La confiance et l'approche personnelle qui l'accompagne sont toujours un élément très important dans le discours commercial. J'espère donc que la situation s'améliorera pour nous permettre, d'ici quelques mois, de renouer avec nos méthodes de travail habituelles."
Les mesures en girouette ont mis à l'épreuve notre fédération, a déclaré le président. "Sigma, soutenue par Traxio, était très présente en première ligne afin de nous informer de ce qui était permis, de ce qui ne l'était pas, pour nous permettre de maintenir nos activités. De plus, grâce à un bon lobbying, nos entreprises ont réussi à poursuivre leurs activités."
Le président a ensuite remercié son équipe, dirigée par la secrétaire générale Joelle Germain.
Sigma, comme beaucoup d'autres, espère que la situation retournera à la normale d'ici l'été. "Notre industrie se porte en fait très bien. Après le retard pris par les marchés publics lors de la première vague, les activités ont repris. A cela s'ajoute le projet Oosterweel, qui a offert suffisamment de travail pour de nombreuses entreprises. Et qui a également suscité un nouvel élan d'investissement."
Ne pas se reposer sur ses lauriers
En somme, pas de quoi se plaindre et certainement aucune raison de paniquer. "Bien sûr, le message n'est pas de rester là, les bras croisés à attendre que tout rentre dans l'ordre. D'une part, il est nécessaire de s'adapter au quotidien à l'évolution des circonstances. Pensez à la vente à distance, à la gestion des clients à distance, à l'organisation du télétravail, etc. Mais d'un autre côté, c'est aussi un excellent moment pour s'efforcer d'améliorer l'efficacité structurelle. Les structures et les processus doivent être étudiés pour voir comment ils peuvent être adaptés à la nouvelle réalité. C'est l'occasion idéale d'inclure un certain nombre de mesures visant à accroître l'efficacité dans ce processus de changement", soutient M. Van Haut en faveur d'une évaluation de l'entreprise, de sa structure et de la manière dont elle peut faire face à l'avenir.
Manutention des marchandises et chariots élévateurs
Dries Van Haut a ensuite cédé le micro virtuel à Hugues van Espen, qui a exposé la situation actuelle et future des chariots élévateurs. "2020 a été une année turbulente, imprévisible mais aussi intéressante car nous avons dû sortir de notre zone de confort. Cela a mis tout le monde au défi."
Hugues Van Espen a présenté quelques chiffres, basés sur une enquête à laquelle avaient participé la Banque nationale de Belgique, VOKA et Unizo.
(Source : enquête ERMG, 2020)
"La première vague a entraîné une baisse de 30 %, en décembre, les entreprises interrogées ont vu leurs revenus diminuer de 14 %."
En examinant l'impact par entreprise, Hugues van Espen tire des conclusions intéressantes : "Pour le transport et la logistique, le commerce de gros, l'industrie manufacturière et les ventes au détail, la baisse a été relativement limitée."
En ce qui concerne les chariots élévateurs, M. van Espen prévoit une baisse d'un quart pour 2020. "Pour les chariots élévateurs thermiques, nous constatons une baisse de près de 30 % d'ici 2020, ce qui est une baisse importante. En Belgique, 64 % des chariots élévateurs vendus sont électriques, une part qui ne cesse d'augmenter par rapport au marché thermique. La part de marché des entrepôts est de 67 %, on y constate une légère baisse de 3,6 % par rapport à 2019. Les 'Walkies' représentent 85 % du marché (une baisse minime de 1,5% par rapport à l'année dernière), les 'Riders' représentent 15% du marché et enregistrent une baisse de 14 % par rapport à l'année dernière.
L'énorme croissance du segment électrique affecte évidemment la croissance positive du segment des Walkies."
"Malgré le contexte difficile", poursuit Hugues van Espen, "le label de sécurité SIGMACert a bien résisté : dans la section des chariots élévateurs, le nombre d'inspections a même légèrement augmenté (de 2,2%)."
"La demande d'inspections de sécurité augmente également chez les collègues des pompes à béton", explique M. van Espen. Environ 200 inspections y sont réalisées chaque année.
La conclusion pour Sigma est donc claire : "Cette année, Sigma se concentrera sur le développement de son programme."
A l'horizon 2021
Que peut-on attendre de 2021 ? "Difficile de se prononcer", selon Hughes van Espen.
Il est revenu sur les prévisions de la Banque nationale de Belgique : "Nous avons perdu environ un petit 7 % en 2020, une reprise du PIB de 3 % est prévue pour 2021, et une nouvelle croissance de 3 % est également prévue pour 2022. Nous avons besoin de cette croissance pour revenir au niveau de 2019. En d'autres termes, il nous faudra 2 ans au moins pour retrouver le niveau d'avant la crise."
Quant à ce que cela implique pour notre marché, M. van Espen a déclaré que l'on peut s'attendre à deux scénarios : un optimiste et un pessimiste : "Par exemple, si beaucoup de faillites se produisent, ce sera plutôt un scénario pessimiste ; cela représente environ 9.500 unités. Un scénario optimiste, en revanche, signifierait +11.500 unités. Si l'on compare cela au record de 12.467 unités en 2019, il reste encore un écart de 1.000 unités par rapport à l'année exceptionnelle de 2019."
Enfin, M. van Espen attend beaucoup des batteries Li-ion et des piles à combustible, ainsi que des possibilités d'automatisation. "Nous avons beaucoup appris l'année dernière, nous devons encore décider de notre marche à suivre pour cette année. Ce sera un autre défi, mais nous sommes plus forts qu'en 2020 et cela est positif pour tous les acteurs de notre secteur."
Générateurs
Eddie Bormans a ensuite pris la parole pour discuter du segment "Générateurs". L'année 2020 a été, sans surprise, une année difficile. "Outre un mauvais départ, à partir du deuxième trimestre, la pandémie de COVID a pratiquement interrompu pendant plusieurs mois les ventes de générateurs pour les groupes de production et d'alimentation de secours. Ce n'est qu'à partir de septembre que l'on enregistre une reprise timide dans notre secteur".
Un recul qui ne passe pas inaperçu : "17 % pour les groupes électrogènes et 24 % pour les générateurs de secours, soit une baisse totale de 18 % par rapport à 2019."
Eddie Bormans est revenu plus en détails sur ces chiffres. "Si nous laissons de côté les petits groupes électrogènes jusqu'à 7,5 kVA, c'est seulement à ce moment-là que nous voyons à quel point les groupes électrogènes industriels signent une année désastreuse. Les chiffres dégringolent de 44 % pour les groupes électrogène et le total est en baisse de 39 % par rapport à l'année précédente."
"Toutes les classes de puissance enregistrent une forte baisse, y compris la classe de puissance la plus populaire et la plus courante entre 30 et 160 kVA. Et on ne s'attend pas à voir une amélioration prochainement."
Une histoire similaire avec les générateurs de secours. "Et ce, malgré les incertitudes qui se sont récemment présentées à nous, avec la transition vers une énergie plus verte et la fermeture des centrales nucléaires qui en découle."
En résumé, M. Bormans affirme que 2020 a été une année désastreuse, et pas seulement à cause de la COVID. "Le fait que les générateurs avec moteurs phase V soient quasi indisponibles, qu'on privilégie davantage la location à l'achat, que le secteur de l'événementiel soit au point mort, que les remplacements soient de plus en plus reportés ou non effectués pour des raisons d'économie..."
La plupart des entreprises adoptent une approche attentiste et jouent la carte de la prudence. "Les projets sont mis en attente, voire annulés, et les chantiers sont au point mort depuis longtemps. De nouveaux investissements ont même été annulés ou sont reconsidérés afin d'y consacrer moins de moyens."
Et en 2021 ?
M. Bormans a osé s'aventurer un peu loin, brièvement. "Dans notre secteur, on s'attend à ce que les sources d'énergie alternatives, tant pour la production que pour l'alimentation de secours, fassent leur apparition plus rapidement. Le marché des investissements risque de stagner encore un moment, de sorte qu'il n'y aura pas de reprise immédiate dans le segment des installations d'alimentation de secours. Les entreprises vont continuer à observer prudemment le marché sans trop agir pendant un certain temps en raison de la baisse de confiance des entreprises, ce qui limitera également les remplacements."
En conclusion, M. Bormans prévoit une légère croissance des groupes électrogènes par rapport à 2020, mais une nouvelle diminution, quoique légère, des groupes électrogènes de secours.
"Une hirondelle ne fait pas le printemps, reste à espérer que la suite de la nuée ne se fera pas trop attendre"
David Vandermeulen, président de la section Génie civil/Bâtiment
génie civil
En l'absence de David Vandermeulen, président de la section Génie civil et Bâtiment, Dries Van Haut s'est chargé de cette partie de la présentation.
On observe dans ce secteur une tendance similaire à celle des générateurs. "Les grandes machines encaissent un lourd recul", a déclaré Dries Van Haut. "Plus précisément, nous parlons d'une diminution de 20 %. Pour les petites machines, les dégâts se limitent à 10 % de moins."
Néanmoins, Van Haut souligne qu'il faut remettre les choses dans leur contexte. "Si les petites machines enregistrent une baisse pour la première fois depuis de nombreuses années, elles restent toutefois à un niveau élevé - juste en dessous de celui de 2018. Les grosses machines ont davantage souffert, et tendent également davantage vers une moyenne à long terme."
Van Haut reste positif. "S'il n'y avait pas eu de pandémie et que nous avions dû faire face à de tels chiffres, nous considérerions ces chiffres comme la chose la plus normale au monde. Après des années de croissance et de records, beaucoup d'entre nous se seraient attendus à un déclin plus tôt. Donc, s'il y a eu un effet corona, il aura pesé beaucoup moins lourd que le cycle économique normal auquel nous pouvions nous attendre."
Néanmoins, Van Haut ne se voile pas la face. "Bien sûr, les indicateurs restent dans le rouge, même si les volumes de décembre 2020 étaient de 170 % supérieurs à la moyenne de 2020".
Van Haut a conclu la présentation en citant son collègue David Vandermeulen : "Nous savons cependant qu'une hirondelle ne fait pas le printemps, mais espérons que le reste de la nuée se fera pas trop attendre".
Restons positif
Van Haut a conclu la réception en exprimant ses remerciements les plus sincères à tous les participants et leur souhaitant bonne chance en ces temps difficiles. "Comme c'est mon habitude, je souhaite terminer par une citation, cette fois-ci du boxeur Mohammed Ali : Ne comptez pas les jours, faites que les jours comptent".
